La Dominique

Grâce à un groupe whatsapp, je suis rentré en contact avec un capitaine qui part vers la Guadeloupe dans quelques jours. Yohann, le capitaine donc, a acheté un petit voilier en Martinique et il le ramène chez lui en Guadeloupe. Il s’arrête en Dominique sur la route et il veut bien embarquer du monde. Un coup de fil plus tard et le départ est prévu pour le surlendemain, avant le passage d’une dépression. On se prépare vite fait, puis en ce dimanche matin, après avoir été déposé par Pelle, un guest de l’auberge, on arrive au Lamentin et on fait la rencontre de Yohann. On perd pas de temps et on commence la préparation du bateau. Une fois les bidons d’eau remplis, on largue les amarres direction Roseau, la capitale de la Dominique. C’est un petit voilier de 10m, pas d’électricité, pas de cuisine, 2 cabines, bref rien à voir avec les conditions que j’avais sur la traversée de l’atlantique. Yohann est super cool, il nous laisse prendre la barre et Illusion, le bateau, se laisse diriger facilement. Aux alentours de midi, on entre dans la baie de St Pierre, au Nord de la Martinique. La météo est bonne, le timing est bon donc on se dirige vers le canal entre les deux îles. Très vite, on sent la différence. On se prend de la grosse houle venue de l’Atlantique qui remue bien le bateau. On a fait l’erreur de de rien manger le matin (partis trop tôt) et on a prit un coup de chaud à bord, ce qui donne un cocktail peu recommandable. L’estomac est ballonné mais avec un peu de Reggae ça passe mieux !

On dépasse les côtes de l’île en début de soirée et on continue notre navigation, cette fois protégés par les terres. Yohann devant faire la Clearance (les papiers d’arrivée) à Portsmouth, au nord de l’île, on continue dans cette direction pendant la nuit. Avec Emma on tombe de fatigue et on va se reposer dans la pointe avant pendant que Yohann mène Illusion à bon port. Au petit matin, on est dans la baie de Portsmouth ! On galère un peu pour mouiller (mettre l’ancre) car le moteur est en surchauffe, on ne peut pas l’utiliser. On fait donc des tours à la voile parmi les bateaux du mouillage tout en essayant de mettre l’ancre à l’eau. On se dirige ensuite vers la plage avec l’annexe (crevée évidemment) et maintenant commence la galère des papiers. Pour faire simple, Yohann était parti sans une feuille lors de son dernier séjour donc ça a créé des problèmes. Pour Emma et moi RAS tout baigne. On a rien mangé depuis 24h donc on décide de s’arrêter dans un petit snack puis on remercie Yohann avant de se séparer. Mort de fatigue, on abandonne l’idée de faire du stop pour prendre un mini bus partagé avec 12 personnes (on était bien serrés) qui nous emmène à Roseau. On trouve un Airbnb à la dernière minute pour 2 nuits, le temps de récupérer et de s’organiser. Après un repas de rois (pâtes lentilles et ketchup) on file se coucher au milieu des cadavres de moustiques tués plus tôt dans la soirée. Après une bonne nuit de sommeil, on descend en ville faire du shopping. On achète de quoi manger pour la journée et également de quoi manger pour la randonnée. Biscuits, gâteaux, barres de céréales, on est parés ! En ville, on rencontre Sacha, une amie rencontrée en Martinique. On s’échange nos numéros puis une fois nos courses finies, on retourne à l’Airbnb se poser et manger. On trie nos sacs (qui sont toujours trop lourds au passage) et on laisse le surplus chez Corinne, qui tient un bar/auberge un peu plus haut. Après une bonne nuit de sommeil, on prend la direction de la pointe sud de l’île : Scott’s Head. On marche pas mal mais on arrive quand même à se faire prendre en stop par un Dominicain et par un Américain, qui nous conduira à notre destination finale. En discutant avec lui, on apprend qu’il y a un bon spot de snorkeling là-bas. Très vite on se retrouve dans l’eau et comme promis, le spot est magnifique. Plein d’espèces de poissons différentes, plein de coraux et on a même vu une jeune tortue qui se baladait dans le coin. On continue notre randonnée marine et, sur le chemin du retour, la mer décide de nous faire cadeau d’une raie aigle ! C’est une raie qui a la tête en forme de bec, comme un aigle donc. La dernière fois que j’en ai vu une c’était à Tahiti il y a quatre ans ! À notre sortie de l’eau, on se pose avec un local qui nous avait loué un masque et un tuba pour boire un coup. Petit planteur maison, bonne musique et nous voilà en train de danser devant sa petite table où il vend des magnets et autres souvenirs. On passe toute la journée avec lui et on va également rencontrer un capitaine avec qui j’ai déjà discuté sur Whatsapp. C’est ce même capitaine dont j’ai parlé à Zoé et Cloé, deux amies de l’auberge qui souhaitaient se rendre en Colombie. On sympathise bien, on discute bateau, de son trajet. Il aimerait bien nous avoir à bord avec Emma, why not ? Rien de sûr à l’heure actuelle de son côté comme du nôtre mais on garde ça dans un coin de la tête. On va manger un morceau avec Emma puis on installe nos hamacs sous un grand carbet à l’entrée de la presqu’île.

El famoso Carbet

Mais en fait, qu’est ce qu’on est venus faire en Dominique ? Quelle est donc cette randonnée que l’on souhaite faire ? Le Waitukubuli National Trail. Une randonnée en 14 sections qui part du l’extrême sud de l’île (Scott’s head) et qui va au nord de l’île. On passe par des forêts humides, sèches, la jungle, les montagnes, la côte Atlantique et Caraïbe. 185km de chemin, très souvent en mauvais état dû à la végétation qui pousse très rapidement.

On est donc partis pour randonner !!! Section 1 nous voilà !

Départ pour le Waitukubuli !

On monte rapidement dans les hauteurs de Scott’s Head, la chaleur se faisant ressentir on doit faire régulièrement des pauses pour s’hydrater. Tout le long du sentier on trouve des manguiers, des arbres à pain, des bananiers, papayers… Malheureusement ce n’est pas la bonne saison pour les mangues. La première section se finit au niveau de bains de sulfure (bains chauds). On est au début de l’après midi donc on décide de continuer à marcher. On remonte donc cette rivière orange et on fait un plouf dans un bassin aménagé. L’eau est tellement chaude qu’on n’y reste pas très longtemps. On a repéré un carbet sur la map à environ 40min de marche de là, ça semble être un bon spot pour camper. En arrivant, on trouve un local qui est en train de cuisiner et qui ne semble pas très content d’être dérangé dans sa solitude. Ok c’est pas grave on pousse jusqu’au prochain village mais une fois là bas on s’aperçoit qu’il n’y a pas grand chose. Quelques maisons, des points d’eau (ça c’est cool on peut remplir les gourdes) mais rien pour dormir ou manger. Bon on continue un peu et on trouvera bien un endroit où dormir. On a déjà bien entamé la section 2 et on tombe sur un endroit qui fera amplement l’affaire : 3 arbres en triangles à bonne distance pour nos hamacs. On s’installe, on mange mais comme on est des nulos, on a oublié qu’il pleuvait la nuit. Car même si on est sensé être en saison sèche, il faut croire que la Dominique en est exemptée. La pluie se met rapidement à tomber et on doit remballer nos affaires précipitamment. Bon qu’est ce qu’on fait maintenant ? Il n’y a rien autour, peut être un carbet sur le trek si on poursuit ? Faisons ça. On est crevé et on veut juste dormir au sec. Mais c’est sans compter sur notre bonne étoile ! Après 1h de marche à la frontale dans la jungle, on tombe sur une route. Et des maisons ! On discute vite fait avec une dame et elle nous dit d’aller demander au poste de police un peu plus bas. On descend au village, on débarque au poste de police et on explique notre situation au policier de garde à ce moment là. Il est un peu surpris mais il appelle son chef pour qu’on voit avec lui. Il débarque 5min plus tard et dès qu’il arrive, on peut sentir que c’est un gars cool qui va nous aider. On a vu juste ! Il nous dit de nous installer dans une prison en construction. On peut y installer nos hamacs entre les barreaux. On a même droit aux douches de la station de police (douches chaudes s’il vous plaît), les toilettes et une prise pour charger nos appareils. On se nettoie puis on file se coucher dans notre hôtel de luxe. Le lendemain, excursion rapide au village pour trouver des sandwichs et du cash ! On remercie ensuite chaleureusement nos hôtes puis on repart sur le Waitukubuli ! Le chemin continue à travers des champs de dachines (racine blanche qui se mange), de bananes, de papayes et autres. On bifurque ensuite dans la jungle, la pluie arrive au même moment. On avance bien et, arrivés au village de Tête Morne, on se fait alpaguer dans la rue par un monsieur qui nous lance : « Hola amigos ! Hablas español ? » Claro que sí ! On se met à discuter en espagnol et je lui demande ensuite si on peut dormir sous sa maison. C’est bizarre dit comme ça mais il faut savoir que la plupart des maisons sont sur des piliers, ce qui laisse un espace en dessous. Pas de soucis pour lui, c’est un peu le bazar mais on s’en fiche pas mal. On s’installe puis on voit passer quelqu’un avec un gros sac de randonnée. Un collège randonneur ! On l’appelle et il se trouve qu’Hassan (c’est son nom) randonne aussi sur le Waitukubuli. On l’invite à mettre son hamac avec les nôtres pour passer la nuit puis on se retrouve chez notre hôte afin d’y cuisiner des nouilles instantanées. Sa maison est très rudimentaire : il est toujours en train de la réparer après le passage de l’ouragan de 2019. Tout prend du temps sur les îles. On réussit malgré tout à cuisiner un frugal repas puis on descend prendre le dessert avec Hassan. Tablette de chocolat et gâteaux !

Dodo entre les barreaux
Notre campement sous la maison
Miam miam !

Le lendemain, notre nouveau groupe se met en marche vers la prochaine étape : Hotten Waven où l’on va rester quelques nuits en attendant NJ qui nous rejoint. Le début de la rando se passe bien, on marche sur une route bétonnée puis on rentre dans la jungle. Et là c’est une autre histoire. Le chemin est coupé par des troncs, des branchages et d’éboulements de terrain. Il pleut depuis notre départ, ce qui a transformé le chemin de terre en chemin de boue. On avance doucement, précautionneusement mais malgré notre vigilance, il y a des glissades et des chutes. Rien de grave mais ça nous ralentit pas mal. On a le droit à une baignade à une rivière. On en profite pour souffler et faire un rapide check des bobos. Rien de grave, mon gros orteil me fait mal mais ça va passer (spoiler non). On ne traîne pas car la nuit ne va pas tarder à tomber et on voudrait arriver pas trop tard. Une fois en bas il faut remonter non ? Hé bien c’est exactement ce qui nous attends ! Une montée abrupte, toujours sous la pluie. On oublie la pluie, on oublie qu’on a mal là on passe en mode Supersayan. On grimpe tellement rapidement qu’on ne fait plus attention au chemin et on prend la mauvaise direction. Il en faut plus pour nous arrêter. On fait un 180 puis on repart de plus belle ! Après moults péripéties, glissades et frayeurs, on arrive enfin au village de Morne Prosper, à environ 1h de marche de notre destination du jour. On laisse passer des trombes d’eau puis on repart au galop, encore une fois avec les frontales car la nuit est déjà tombée. Le chemin est dans le même état qu’avant le village et en arrivant à Hotten Waven, je mets le pied sur la route et zouuuu la chute ! Rien de grave mais ça montre bien notre état de fatigue en arrivant. On va à la Guest House « Le petit paradis », juste en face de la fin du trail. On réserve une nuit en hamac, le dîner et le petit déjeuner puis après une bonne douche (froide, faut pas s’habituer au luxe) on retrouve Hassan qui vient d’arriver. Apéro bien mérité puis on dîne tous ensemble avec des produits locaux frais très bien cuisinés par la mama. On est totalement H.S. Après 4 jours de déconnexion, je reçois tous les messages d’un coup. Ça attendra demain, maintenant il faut aller dormir.

Au sec !

Réveil tardif, petit déjeuner tardif puis on file à la messe. C’est dimanche non ? À vrai dire on a entendu les répétitions hier soir et on s’est dit que ça pourrait être sympa. On s’installe dans la petite salle et directement les enceintes crachent du gros son. On est pas en rave mais la messe est célébrée avec une batterie, un bassiste, 2 pianistes, 4 chœurs et une chanteuse. On est véritablement à un concert. Les gens chantent (hurlent) pour la gloire de Jésus. Ils sont littéralement en transe. Et nous dans tout ça ? On est ébahis pas la situation. Je passe les détails mais au bout de 2h à hurler dans les micros, j’ai ma dose. Je vais me balader dans le village puis retourne me poser pour la fin de journée. On fait des recherches pour la suite de la randonnée puis on passe une seconde nuit à la guest house. Le lendemain, petit déj puis on plie bagages. Il pleut tout le temps ici c’est fou. NJ prend un bus et arrive vers 16h à Hotten Waven. Elle nous rejoint et on se met directement en marche pour rejoindre le village de Laudat. On en a pour 1 heure de demie environ. Arrivés au village, on découvre qu’il n’y a pas grand chose, on devrait y être habitués maintenant. On se met en quête d’un logement, quête qui aboutira chez Aidi, un local rencontre à la supérette du coin. On passe la nuit dans une cabane qu’il est en train de réaménager. Elle est très exposée au vent et à la pluie mais on a pas meilleure option donc on prend ! La nuit fût courte pour certains, mauvaise pour d’autres bref on a pas bien dormi. NJ en profite pour faire un tri dans son sac. On enlève tout le superflu et on garde seulement l’essentiel. Rien de pire que de randonner avec un sac trop lourd. En passant au village, on rencontre un allemand qui vient d’ouvrir son AirBnb. On lui laisse le sac d’NJ puis on se met en marche vers le Fresh Water Lake. Il s’agit du plus grand lac d’eau douce de la Dominique, autrefois arrêt obligatoire sur le chemin reliant l’île d’Ouest en Est. Le lac est partiellement recouvert de nuages donc on se s’attarde pas trop trop. On s’arrête chez un rasta au retour pour boire un coup et manger un morceau puis on marche jusqu’à un abri/parking d’où part la section 4. Le départ se fait dans une grande zone de construction. Ils sont en train de construire un énorme resort eco Lodge afin d’accueillir les touristes. L’île s’apprête à ouvrir un aéroport international au nord de l’île d’ici les prochaines années. Aéroport qui devrait augmenter fortement le tourisme sur l’île, et par conséquent l’île se prépare doucement à les accueillir. Bref, on installe notre campement puis session musicale avec le Ukulele. Il ne pleut pas de la nuit ! Chose extrêmement rare dans le centre de l’île. On se fait disputer par un guide au petit matin car on a pas le droit de dormir dans le parc national. Bref c’est parti pour la section 4 !

Cette section passe par la cascade de Mifdleham, très grande cascade qui tombe d’une falaise. C’est impressionnant. À partir de là, il a plu averse tout du long. Sans déconner une averse tropicale qui dure toute la journée c’est épuisant. On marche dans la boue, les flaques d’eau, les rivières bref on fait pas très attention à la propreté. On avance doucement mais sûrement. Personne n’a envie de se fouler une cheville dans la jungle. Mon gros orteil me fait super mal et NJ à des ampoules pleins les pieds, on forme une belle brochette de pieds cassés. On avance, on mange une ou deux barres de céréales, on boit peu. Vers la fin du segment il devait y avoir un pont. Le fameux pont est porté disparu et à la place il nous faut descendre dans un ravin avec des vielles cordes accrochées à des arbres. C’est plus de la randonnée c’est de l’escalade là. On descend à pic, toujours sous la pluie battante, avec nos gros sacs à dos. Là c’est une autre histoire : ça devient dangereux. On s’en sort quand même et on continue le chemin avec qu’une hâte : arriver et se poser quelque part au sec. On déboule au rond point de Pont Cassé, point central de l’île, et on se met à la recherche d’un logement. On toque aux portes et on se fait indiquer un camping à une vingtaine de minutes de marche. On y est accueillis très chaleureusement par Dawn, la proprio qui nous a préparé un studio pour la nuit. On a rien a mangé mais notre ange gardien va nous apporter du riz, de l’huile, des légumes et des œufs. On va même faire une machine à laver ! On saute de joie, c’est le paradis ! On transforme le studio en campement en mettant des fringues partout et on finit la soirée par un festin. On décide de passer une nuit de plus ici le temps de faire sécher nos affaires et de récupérer de notre marche. On fait un aller retour à Roseau pour aller acheter à manger et retirer du cash puis on rentre se reposer.

Préparation du festin

On remercie Dawn et on part en direction du fameux rond-point. On a rendez-vous avec Sacha, mon amie croisée à Roseau quelques jours plus tôt. On se lance sur la section 5, section qui se fait beaucoup par la route. On bifurque dans la jungle pour une petite heure avant d’arriver à Emerald Pool, ou piscine émeraude pour les non bilingue. Aussitôt arrivés, aussitôt dans l’eau ! L’eau est super claire et à parfaite température. On se prélasse dans l’eau un bon moment puis on casse la croûte sous un carbet. L’endroit est magnifique, ça donne envie d’y passer la nuit. Mais pour ce soir, Sacha propose qu’on aille chez son host (de Couchsurfing) pour y passer la nuit. Ça fait 14 jours qu’elle y fait un volontariat. Faut dire que le gars en question construit des maisons en forme de bulle, c’est trop bien ! On débarque donc, déposés par un pick up, sur son terrain. Les maisons sont incroyables, l’intérieur l’est tout autant ! Le tout entouré d’arbres fruitiers et d’une petite rivière, bref le rêve. Mais comme tous les rêves, celui ci aussi a une part d’ombre. Et ce sera notre host. Au début de la soirée tout allait bien, on dîne tous ensemble, on discute bref RAS. Mais après qu’il ait fumé son premier joint et pris son premier verre de rhum, il devient bizarre. Il suit NJ aux toilettes, nous regarde fixement quand on installe nos hamacs et fait des remarques déplacées. Là nos radars à gars chelou font bip bip, ça sent pas bon. Bon on est trois, ma pote est avec lui depuis deux semaines donc ça devrait le faire. On dort bien (pas de trucs bizarres dans la nuit) et le lendemain, après le petit déjeuner on décampe en vitesse. On suit la route jusqu’à Castle Bruce et on arrive sur la côte Atlantique de la Dominique. Arrivés au village, on cherche un bar où l’on peut boire un coup histoire de se rafraîchir. Le premier endroit qu’on trouve s’avère être une auberge au bord de la plage. On prend des boissons et on se pose dehors pour savourer notre breuvage. Je discute avec June, la proprio de l’établissement et de fil aiguilles, on se retrouve à transporter des portes dans le sous sol de l’auberge. En fait elle devait vider une salle de conférence et la nettoyer et elle avait besoin d’un coup de main. On débarque, on l’aide à remettre la salle en état puis pour nous remercier, June nous installe dans une chambre pour la nuit. On s’installe puis on va faire un tour au village. On tombe sur le seul bar ouvert et on se retrouve à discuter avec des Dominicains autour d’un rhum arrangé. On sympathise bien et rapidement on se retrouve tous en train de danser avec la musique à fond ! On se fait plein de potes puis on rentre à l’auberge car June nous a préparé à manger. Elle nous dit qu’elle présidera la messe demain, on a rien de prévu donc pourquoi pas ? Dimanche matin ! Messe ! À ce rythme là on va devenir plus assidus que certains croyants. À l’église, on est salués par tout le monde. Ils viennent un par un nous souhaiter la bienvenue c’est chouette. La messe est sympa, ça chante, ça danse, ça joue de la musique, bref bien mieux qu’en France. June nous invite pour le déjeuner, avec un autre backpacker trouvé à la messe. C’est comme ça ici, on est accueillis à bras ouverts. Dimanche après midi c’est sieste, et courses. J’arrive à trouver un gars qui m’ouvre une supérette puis sur le chemin du retour, je croise un backpacker qui installe son hamac sous un carbet à côté de l’auberge. Je l’invite à l’auberge pour le dîner, faut dire qu’on a prit nos aises. On mange tous ensemble ce soir mon plat signature : pâtes lentilles sauce tomate. Puis on finit la soirée à jouer aux cartes avec le groupe originel.

Au petit déjeuner

Lundi, nouvelle semaine. On commence en douceur avec le rangement de nos affaires et un gros petit déjeuner. On se met en marche vers 12h en direction de Bataka dans la réserve Kalinago. Les Kalinagos, ou Caribes c’est le peuple autochtone de la mer des Caraïbes (auquel ils ont donné le nom). Les descendants des Kalinagos vivent seulement en Dominique. Ils sont pas tous nus dans la jungle mais habillés à l’occidentale comme les dominicains. Ils ont juste des traits de latinos sud américains. Le chemin passe principalement par la route et comme il pleut et qu’on est des flemmards, on fait du stop à chaque voiture qu’on croise. Au final on tombe sur mini bus qui nous dépose à l’entrée du village Kalinago (village fait pour les touristes). Les minis bus c’est le top pour bouger car c’est vraiment pas cher, ils vont n’importe où et on en trouve partout ! Les vans sont plus ou moins en bon état et tout le monde monte et descend où il veut. Arrivés au village, on trouve à manger et comme NJ et moi on est pas très en forme, on décide d’y passer la nuit. Il y a un grand carbet où ils font des spectacles et on peut y installer nos hamacs. À force de dormir dehors, j’ai pris l’habitude de me réveiller au moindre son inhabituel et à la moindre goutte de pluie. Donc dès les premiers gouttes, je saute du hamac, le décroche et je m’installe sur le sol dans mon duvet pour finir ma nuit. C’est pas le plus confortable mais ça fait l’affaire. On part le lendemain pour Marigot, en mini bus et on s’arrête à une pharmacie pour demander conseil pour mon orteil. Parce que entre temps, il s’est infecté et il a prit une couleur verdâtre pas très beau à voir. Le pharmacien nous envoie à l’hôpital non loin de là pour voir un médecin. C’est parti pour l’hôpital en Dominique ! Je m’attendais à un vieux bâtiment délabré, avec personne dedans mais au final, on met les pieds dans un bâtiment flambant neuf, avec plein de personnel et des équipements flambants neufs. Très vite, on comprend que c’est les chinois qui l’ont construit, comme beaucoup d’infrastructures sur l’île. Bref je vois un médecin en 10min qui me prescrit des antibios et au bout de 30min on est sortis ! Rapide hein ? On décide d’aller se reposer quelques jours à Calibishie puis on redescendra sur Roseau pour le Carnaval. Calibishie c’est un village avec pas mal de commodités : plusieurs supérettes, un distributeur (chose très rare ici) et pas mal de restaurants et magasins. On trouve un bar en travaux sur le bord de plage, et après avoir contacté la proprio, on est autorisé à rester quelques jours ici. Il y a de l’eau, des toilettes et même le wifi ! C’est un spot de luxe ! Pendant ces quelques jours, on va passer pas mal de temps à chiller à la plage ou au restaurant pas très loin de notre campement. Faut dire que le resto est juste à côté des Red Rocks, un bord de mer fait d’argile rouge. La samedi, pour notre dernier jour, on visite une petite fabrique de chocolat. Le proprio est bizarre mais la visite est sympa. Pour notre dernier soir on fait un petit feu sur la plage et on reste là à regarder les étoiles, la belle vie quoi.

Pas de messe pour ce dimanche, on doit arriver à Roseau avant la nuit. On se fait prendre par un pick up, tout le monde saute dans la benne et on profite du paysage sur la route. Ensuite la copine du conducteur descend chez elle et elle nous invite à monter dans son pick up à elle car elle va à Roseau. Sauf qu’elle emmène aussi toute la famille. Résultat des courses : on se retrouve à 7 personnes dans la benne du pick up en plus de plein de sacs et de matériel. On est serré et la sécurité n’est pas au maximum mais après 1h de route on arrive sein et sauf à Roseau. On débarque chez Corinne, la dame chez qui on avait laissé nos affaires et elle nous trouve une chambre pour dormir la nuit. Ça c’est fait ! On a un logement. Mais NJ avait laissé un sac à Laudat lors de son arrivée. On est crevé mais moi et NJ on repart et après un ride avec un chanteur de reggae et un autre avec un Hondurien, on est de retour au logement avec son sac. On dort quelques heures car le lendemain matin c’est carnaval ! Et ça commence à 5h du matin ! Enfin c’est ce qu’on nous a dit. En vrai ça a commencé à 6h30. Les gens étaient là mais on a pas trouvé l’ambiance folle. Musique à fond sur les chars et des bars partout mais peu de gens qui dansaient dans les rues. On rentre se reposer avant d’y retourner en fin d’après midi. Il y a déjà plus d’ambiance le soir ! On passe une bonne soirée à danser et à kiffer la musique. On y retourne une dernière fois le lendemain car c’est défilé de costumes aujourd’hui. Il y a plusieurs groupes déguisés avec les costumes à plumes et à paillettes c’est super joli ! C’est pour nous le meilleur jour du carnaval !

Le plan pour aller au Panama avec le capitaine rencontré à Scott’s head a l’air de tomber à l’eau donc on commence à chercher doucement un voilier pour rejoindre le continent mais sans succès pour l’instant. On a le temps donc on retourne dans le nord pour découvrir cette partie où l’on a moins traîné. On s’arrête à Colihaut, sur la côte Ouest de l’île. On installe le campement sous un restaurant puis baignade ! On prend un moment pour discuter au matin avec NJ et Emma : on va se séparer quelques jours et on se retrouvera dans 2 jours à Vielle Case, sur la pointe nord de la Dominique. Je repars sur le Waitukubuli trail, sur la section 10. C’est une section plus facile, moins de dénivelé et moins longue. Arrivé à Estate Park, il y a une petite boucle de 30min avec point de vue sur le parc national qui abrite les 2 espèces de perroquets présents sur l’île: le Sisserou, emblème de la Dominique rarement observable et le Jacko, plus facile à voir. Je suis chanceux car j’ai vu le Sisserou à plusieurs reprises ! Plusieurs perroquets se sont montrés quand j’étais aux points de vue. Je continue ensuite la section jusqu’à Picard, au sud de Portsmouth. Sur le chemin je croise un agouti, un petit mammifère qui vit sur l’île. Je trouve un spot pour dormir dans un beach bar fermé, avec l’accord des proprios toujours. Douche au tuyau d’arrosage et je m’en vais manger un morceau. Le lendemain je marche jusqu’à Portsmouth d’où je prend un mini bus pour aller à Paix Bouche, un village où je peux rejoindre le Trail. Le chemin est en très mauvais état : je marche dans les plantes pendant une vingtaine de minutes, le tout avec le sol glissant tout boueux. Heureusement c’est pas une grosse section. J’arrive en début d’après midi à Vielle Case. Je vais voir une plage où une scène de pirate des caraïbes à été tournée mais je ne reconnais pas l’endroit, faudra que je fasse des recherches. Dans la foulée je trouve un gars chez qui installer mon hamac puis je vais en sortie du village pour me baigner dans un bassin de mer. J’y rencontre la famille Leblanc, très français comme nom, qui vivent juste à côté. Ce sont des dominicains mais un de leur ancêtre du 18ème siècle est français donc ils ont gardé son nom de famille. Je me fais inviter à l’apéro et je rencontre toute la famille : la grand mère, les enfants et les cousins. On passe un bon moment puis je retourne chez mon hôte. Je retrouve les filles le lendemain au point de rdv et on part vers la côte Ouest. On galère avec le stop. Il n’y a aucune voiture. Sur notre chemin on va s’arrêter à une cascade, marcher pas mal, rencontrer un gars chelou qui marchera avec nous un bon bout de temps et on finira dans un pick up avec des agriculteurs avec qui on s’arrêtera cueillir des bananes sur la route. On va se poser sur une plage au nord de Portsmouth pour la nuit et on en profite pour faire du Snorkeling. Une petite tortue, pas mal de poissons et beaucoup de plastique ! Le soir, au restaurant, on a un appel vidéo avec Koke, le capitaine rencontré dans le sud. Il nous dit de le rejoindre rapidement car le départ est prévu pour mercredi de Ste Lucie, l’île au sud de la Martinique. On est samedi soir, ça nous laisse 3 jours pour arriver, tranquille non ? On bouge vers Portsmouth dimanche matin et on va dans le parc national de Cabrits, où l’on dormira pour nos dernières nuits en Dominique. On en profite pour aller faire une balade sur l’Indian River, dans les mangroves avec un guide totalement fou. Il perd la boule et répète les même choses dix fois d’affilée. La balade est sympa et pour les fans de pirates des Caraïbes, c’est sur cette rivière qu’ils ont tourné la scène avec la sorcière dans les marais dans le 2ème film. On va également se balader dans le parc, visiter le fort se trouvant sur la presqu’île et grimper jusqu’au sommet de la colline pour avoir une belle vue sur la baie. Le parc marque aussi la fin du Waitukubuli National Trail ! C’est officiellement la fin de la section 14. Bon on a pas fait le Trail en entier à cause de la météo, de la condition du chemin, des bobos et du timing mais en fin de compte on a pas mal marché quand même et on a pu aller aux quatre coins de ce petit pays très montagneux.

Fin du Waitukubuli !

On prend un mini bus mardi matin à 6h de Portsmouth pour arriver à Roseau à temps pour prendre le ferry jusqu’à Ste Lucie. Va t-on vraiment partir mercredi ? Va t-ton seulement partir ? Où allons nous ? Beaucoup de questions qui seront répondues dans le prochain post !

PS : Je mets plein de photos de la Dominique dans l’onglet Galerie Photo


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