Un voyage… Intéressant

On arrive à Ste Lucie mardi en fin d’après midi. Après avoir passé la douane et fait toutes les formalités, on sort libres du port ! On se met à la recherche d’un bus pour aller à la marina de Rodney Bay, au Nord Ouest de l’île. À première vue, il y a beaucoup plus de monde qu’en Dominique. Et beaucoup plus d’infrastructures. C’est un entre-deux avec la Martinique et la Dominique. Bref on arrive au carénage en début de soirée. On est censé partir demain pour rappel. Le bateau n’est toujours pas mis à l’eau, il reste beaucoup de choses à réparer avant de partir. On est parti pour rester quelques jours de plus j’ai l’impression. Il faut savoir que le bateau était censé partir avant Noël pour rejoindre les San Blas, un archipel du Panama dans la mer des Caraïbes. Le skipper est arrivé fin janvier sur le bateau et il devait partir peu de temps après. Là on est début mars pour information. Le propriétaire est venu pour faire avancer les choses. On est donc avec Koke, le skipper qui nous explique la situation. On viserait plus un départ samedi ou dimanche maintenant. Pas de soucis ça nous laisse le temps de s’organiser, d’acheter les provisions et d’autres trucs qui manquent sur le bateau. Le bateau est mis à l’eau le jeudi et Koke et le proprio travaillent bien dessus. Nous on aide à faire du nettoyage, du rangement et autres petits bricolages, on s’y connaît pas en mécanique et autre gros travaux. À Ste Lucie, il y a un rdv à ne pas manquer : c’est Friday Night ! C’est réputé dans les Caraïbes pour être « The place to be on Friday night ». Les rues sont bloquées et de grosses enceintes sont mises dans les rues de Gros Ilet, à côté de la marina. Tant qu’on y est autant faire la fête non ? D’autant plus que notre capitaine a l’air d’être quelqu’un de très festif. On s’en va donc festoyer comme il se doit dans les rues de Ste Lucie. Le lendemain, après une bonne douche, on est tous conviés à un meeting avec le proprio. Il y a des news. Et pas des moindres : Koke, le skipper rentre chez lui en Turquie. C’est le proprio et sa copine qui feront la navigation. On les connaît pas et le proprio a pas l’air fun. 2ème info : on part en Martinique acheter un auto pilote. Et on part dans 1 heure. Wow ça fait beaucoup au réveil ! On en discute avec NJ et Emma et on est tous d’accord pour rester sur le bateau, sous réserve que la nav jusqu’en Martinique se passe bien. Koke n’aime pas le proprio et il nous prévient que lui ne partirait pas avec lui sur une navigation. La traversée jusqu’en Martinique se passe bien, on a peu parlé avec le proprio (Jeff) mais bon c’est pas grave. Arrivés en Martinique on se met au mouillage et on sort l’annexe. Il y a pas mal de courses à faire, autant pour le proprio que pour nous si on veut manger. On passe donc la fin d’après-midi et le dimanche matin à faire des aller-retours en annexe pour chercher des pièces du bateau, de la nourriture, de l’eau et tout autre chose qui viendrait à manquer. Avec NJ on en profite pour passer à l’auberge faire un coucou à Dani puis on va boire un verre à la marina avec elle et ses amis. Dimanche midi, on est parés. On fait le plein d’eau et de gasoil puis c’est parti ! Tout s’est fait à la dernière minute, c’est pas du tout l’idéal. On devrait naviguer pendant 7 jours, 10 maximum pour arriver aux San Blas. 

À table avec Koke !

Le voyage se divise en 2 parties. La première c’est la navigation depuis la Martinique jusqu’à l’île aux oiseaux, dans l’archipel de Las Aves. Vous ne savez pas où ça se trouve ? C’est normal c’est totalement perdu. Ça se situe au nord du Venezuela, à l’ouest de l’archipel de Los Roques. Pendant cette traversée, on a fait beaucoup de moteur. Il n’y avait pas beaucoup de vent donc solution : moteur. Le souci avec cette destination c’est que Jeff n’est jamais venu nous en parler. On pensait qu’on allait directement aux San Blas mais il en avait décidé autrement. Faut dire que c’est pas le meilleur communicant, loin de là. On s’arrête à plusieurs reprises sur le chemin pour pêcher. Car Jeff est un grand amateur de pêche, la joie ! Il plonge dans la mer avec son pistolet harpon et ramène du poisson. Un poisson ou deux c’est bien mais quand le congélateur est rempli de poissons, on se dit qu’il va s’arrêter là. Mais non ! On pêche et pêche et pêche encore ! Le gars en veut toujours plus. Même sa copine est plus trop chaud pour pêcher à ce rythme là. Dès les premiers jours, on se rend bien compte que ça ne va pas être une traversée fun. On est avec un Américain à bord aussi, il est sympa mais un peu simplet (sans méchanceté). Un simplet et un gros macho qui parle pas, ça va être long comme traversée. Heureusement que la copine de Jeff est cool et que je suis avec NJ et Emma, ça équilibre la balance. Enfin bref vous avez compris le tableau. Pour l’instant on a donc pas trop de vent, peu de houle et du soleil.

On arrive en vue de l’île aux oiseaux mercredi en milieu de journée. L’ancre est mise à l’eau et nous voilà installés pour une nuit ? On sait pas, Jeff ne communique pas… Bref, on enfile nos masques et on se jette à l’eau ! On va saluer nos voisins de mouillage (des français) et on discute autour d’un café sur leur bateau. Un petit couple de retraités qui naviguent dans les Caraïbes 6 mois par an tranquillement. On en profite également pour faire du snorkeling mais mise à part de toute petites méduses, la mer est bien vide. Faut dire qu’il y a des centaines (voir des milliers) d’oiseaux juste à côté ! Le bateau du père de Jeff, qui fait la route avec nous arrive et s’amarre avec notre bateau. Sur le bateau du père, il y a le frère de Jeff et une française, Lucie qui est équipière et qui navigue avec eux. Leur grande voile s’est décrochée en pleine navigation, il faut donc monter au mat résoudre ce problème. Jeff s’en occupe. Le point positif c’est qu’il sait réparer les bateaux. Une fois les travaux finis, toute la famille part en annexe pour aller… Pêcher ! Ça faisait longtemps ! NJ, Emma et moi même restons sur le bateau pour manger et se reposer. Entre temps on a la visite de militaires vénézuéliens qui nous disent qu’il faut payer une taxe car c’est une réserve naturelle ici. Je leur dis que le capitaine n’est pas là et de repasser plus tard. Au final on a jamais su si c’était des vrais militaires ou juste des gars qui voulaient un billet. En début de soirée, après leur retour de la pêche, on part tous en annexe dans la mangrove pour observer les oiseaux. Ils viennent sur l’île pour pondre leur œufs et à cette période de l’année, ils ont quasiment tous éclos ! On peut donc voir pleins de bébés oiseaux tout blancs encore dans les nids et également des centaines d’oiseaux voler dans le ciel, certains pour la première fois. C’est magnifique ! On rentre au bateau pour manger puis on file se coucher. Le lendemain on se lève à 6h, comme prévu la veille mais personne n’est réveillé. Super… Au final on part 1h plus tard et on met cap sur les San Blas ! On va passer le long des îles ABC (Aruba, Bonaire et Curaçao). Avec NJ, on demande au capitaine si on peut descendre à Bonaire (on passe juste à côté et ça serait tellement plus simple pour aller en Amérique du Sud). Jeff ne veut pas car ça nous ferait perdre une journée à faire les papiers et pour y aller et partir. Après que le bateau ait passé plus de 3 mois à Ste Lucie on est plus à un jour près non ? Mais non monsieur Jeff ne veut pas. Tant pis, on va devoir attendre les San blas.

L’île aux oiseaux

Pour cette deuxième partie, on fait quasiment que de la voile. C’est cool ! Une fois passé la pointe nord de l’Amérique du Sud (nord Colombie), le vent est bien présent (on est monté jusqu’à 45 nœuds) et on a également une forte houle. On avance vite, 8-9 nœuds de moyenne je dirais. Le voyage continue, dans la même ambiance. Je suis totalement soûlé de Jeff et ses manières mais sur la mer on a pas le choix. On s’occupe en lisant beaucoup, en cuisinant de bon petits plats et en s’entraînant au Ukulele. On arrive enfin aux San blas, Appelé Guna Yala localement. On se met au mouillage pour la nuit, Emma et Jeff retrouvent un ami à eux pour la soirée et nous on va dormir. On a pas envie de traîner avec eux et de leur côté on a pas vu d’invitation non plus. On part au petit matin pour une autre île où l’on doit faire l’immigration. 4h de navigation en plus et nous voilà sur l’île en question. On va faire les papiers avec Emma (la copine de Jeff) et après quelques minutes, nous voilà officiellement au Panama ! Je discute avec un local qui me raconte l’histoire de l’archipel et l’histoire de leurs drapeaux.

Drapeau de Guna Yala

Comme nous la première fois qu’on a vu ce drapeau on a eu un moment d’arrêt. On est tombé en territoire nazi ? Pas du tout c’est le drapeau d’indépendance des Kunas. Les quatres branches représentent les quatre coins du monde d’où les peuples ont émergé. Le drapeau du dessus représente le territoire des Kunas. Pour nous, européens, ça nous choque la première fois qu’on voit ce drapeau. Avec NJ et l’américain, Everett, on décide de descendre ici du bateau et de rejoindre le continent avec un taxi boat. Au moment de partir, on fait les comptes avec Emma et Jeff et là surprise ! Ils nous demandent 250 euros par personne ! Ils veulent partager l’essence utilisée, les équipements de pêche et je ne sais quelles autres conneries. Sachant que le deal de base c’était on paie notre nourriture, nos frais d’immigration et on aide à bord. Chose qu’on a fait. On prend leurs coordonnées bancaires en leur disant qu’on les paiera quand on aura de l’internet. C’est pas du tout réglo de leur part donc ils ne verront jamais l’argent qu’ils réclament. On quitte le bateau mais Emma (Scottish) décide, contre toute attente, de rester quelques jours de plus en volontariat sur le bateau. Elle veut profiter d’être aux San blas pour visiter quelques îles. On essaie de l’en dissuader mais elle est grande, elle fait ses propres choix. L’équipage se sépare et nous (Everett et NJ), on attends le taxi boat pour nous emmener sur le continent.

Après environ 2h30 de transport, on arrive dans la capitale du Panama, j’ai nommé Panama City ! Très original comme nom. On y passe quelques nuits, le temps de se balader à Casco Viejo et dans les rues de la ville. Casco Viejo c’est la vielle ville de Panama. Classé à l’UNESCO depuis quelques années, tous les bâtiments ont été restorés et le quartier abrite moults restaurants et magasins de souvenirs. C’est très joli comme endroit mais le contraste avec le reste de la ville est immense. Pour faire simple, Panama City c’est un immense centre commercial à ciel ouvert. Il y a des magasins absolument partout. Des bazars, des magasins de téléphones, des fringues, des snacks, encore des fringues, des babioles bref une ville de shopping. À l’Est de la ville, on trouve les « skyscrapers » ou gratte-ciels en français. Des tours immenses qui abritent des compagnies internationales dont on ignore le nom mais elles sont très riches. Lors de notre arrivée, on est passé par le quartier industriel, que dis-je, ce n’est pas un quartier mais un pays ! Des hangars, des usines de partout ! Il faut dire que géographiquement, le pays fait la connection entre l’Amérique du Sud et les Amériques du Nord, l’océan pacifique (et l’Asie) et l’océan Atlantique (et l’Europe). Bref un beau bazar.

Panama City !

Le Panama est aussi, et surtout, connu pour son canal ! El famoso canal du Panama (là aussi ils se sont pas foulés pour le nom). Pour la petite histoire, ce sont les français qui commencèrent la construction du canal à la fin du 19ème siècle, mais la chantier tourne au fiasco. Plus de 20 000 morts dûs aux maladies, aux conditions de chantier et au climat. Le projet est abandonné. Quelques années plus tard, les États-Unis reprennent la construction avec une modification des plans. Au lieu de faire un canal, comme celui de Suez, ils feront un système à écluses. Le projet est lancé et, après encore quelques milliers de morts, le canal ouvre ses portes en 1914. Il restera la propriété des États Unis jusqu’en 1999, puis passera aux mains du Panama. Lors de mon séjour à la capitale, je rentre en contact avec Loïc et Charlotte, un couple qui va passer le canal dans 2 jours. Ils cherchent un « line-handler » ou un teneur de ligne en français. Car pour passer dans les gigantesques écluses du canal, il faut 4 line handlers pour gérer les amarres et une personne à la barre. Bref je pars le lendemain pour Shelter Bay, la marina où se trouve le couple. Je m’arrête à Colón sur le chemin, 1ère ville construite au Panama. Rien à dire, la ville est moche. On part le lendemain de la marina en direction du canal avec 8 autres voiliers. Ça va être un passage du canal spécial : que des voiliers ! Ah aussi chaque bateau qui traverse le canal doit embarquer une sorte de « guide du canal ». Pas un guide touristique mais un guide qui est en communication avec les autres bateaux et les responsables pour gérer le passage. On arrive donc devant ces gigantesque portes d’acier et on se sent comme un hobbit dans une ville ! Tout petit ! On passe les 3 premières écluses puis on arrive dans le lac Gatun. Un lac réputé pour ses crocodiles et ses caïmans ! Le guide nous confirme qu’il ne faut pas se baigner, c’est dangereux, y’a pleins de crocos. Bon spoiler on en a vu 0. On passe la nuit sur le lac et on repart le lendemain pour la suite du canal. 35 miles nautiques pour arriver à la prochaine écluse. Ça nous prend plusieurs heures et on passe la 4ème écluse ! Pendant le trajet on passe à côté de géants des mers, plus de 300m de longueurs, des milliers de contenaires à bord. On passe les 2 dernières écluses puis une zone portuaires avec tout plein de cargos se faisant charger ou décharger de marchandises. Tout est démesuré, vraiment. On file se mettre au mouillage et notre petite équipe de line handler retourne sur terre et on repart chacun de notre côté. Ce fût une traversée du canal sans encombres, tout c’est bien passé. C’est quand même un truc énorme, que ce soit en taille ou en pouvoir de contrôle. Car chaque année, environ 14 000 bateaux qui traversent le canal, soit 38 par jour.

Je retrouve NJ à l’auberge et nous partons le lendemain pour Portobello ! Petite ville de la côte Caraïbe, on y trouve une auberge fort sympathique où l’on passera notre première soirée à jouer au billard et à danser avec la proprio, un italien et un français ! Musique à fond, déguisements et billard ! Une très belle soirée que voilà ! Le lendemain, on monte un peu plus au nord pour aller à Linton Bay, la grosse marina du coin. Grosse c’est un grand mot mais les bateaux partant pour la Colombie y font souvent un stop. Ni une ni deux j’apprends qu’un bateau part demain pour la Colombie ! Quel chance ! On va le voir de suite et il nous invite à manger pour faire plus ample connaissance. Le feeling passe bien, il parle très vite et il est stressé mais bon. Il demande 250$ pour la traversée (48h environ), tout compris. Je négocie pour baisser le prix à 200$ puis je valide mon trajet ! C’est pas donné mais il faut savoir que pour rejoindre la Colombie depuis le Panama, il n’existe pas de route terrestre, pas de ferry ou de navette. Seulement des bateaux de charter qui font un voyage de 5 jours en passant par les îles paradisiaques des San Blas, et demandant généralement plus de 500$. NJ, quant à elle, va rester au Panama un peu plus longtemps puis elle rentrera en Europe pour d’autres projets ! Pour ma part, j’ai hâte de mettre les pieds en Amérique du Sud ! Et quoi de mieux que la Colombie pour commencer ? Après plus de 6 mois dans les îles et sur les océans, je ne suis plus qu’à un bateau d’arriver en Colombie ! Je quitte NJ de bon matin puis file à Linton bay pour embarquer sur ce dernier trajet en bateau avant longtemps…

Direction l’Amérique du Sud !

Ps: Ça serait cool d’avoir des retours sur le blog: choses à améliorer, est ce que ça vous plaît ?, longueur des posts, photos ect…

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Un commentaire

  1. Avatar de Brunehilde Durousseau Brunehilde Durousseau dit :

    Quelque photos de plus ?? Mais longueur parfaite, et j’apprends plein de choses en te suivant 😘

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