Semaine 11 – 21 septembre 2025:
Vendredi, au collège, j’enchaîne les cours de français avec 4 ou 5 classes. On fait les basiques : bonjour, bonsoir, au revoir, merci, s’il vous plaît, je t’aime… Je leur ai également appris à dire bonjour en japonais et en arabe et ils le répètent à tue-tête. Ou encore « salut bébé » ou « Salut mon ami ». C’était drôle de leur enseigner ça. Le samedi, vu que l’internet est revenu, j’en profite pour répondre aux messages et commencer à regarder les bus et la suite du voyage, en Équateur. Je fais un atelier crêpes à 2 profs le matin également, ravies de pouvoir cuisiner des crêpes au petit déjeuner. Je me met en marche sous le soleil, sans animaux autres que les oiseaux pour m’accompagner et une arrivée 2h plus tard. Il n’y a personne à la maison donc je profite pour me doucher et ranger mon bazar. En fait ils croyaient que je revenais seulement le dimanche. Le fils, en voyant de la lumière est rentré pour me faire à manger mais je m’étais déjà cuisiné des œufs et des bananes. On passe la soirée à discuter. Il est soldat dans l’armée. Je lui pose des questions sur l’armée, les zones de conflit, lui me pose des questions sur l’Europe et la France.
Pour mon avant dernière semaine de volontariat, j’ai pas mal bougé. Et principalement à pied. Lundi je suis allé à la dernière école qui m’était inconnue : Goyabal, à une demie heure de marche de la casa. La prof de la Union est partie en ce début de semaine donc au lieu de rester à rien faire à la maison, j’en profite pour aller voir les enfants de l’école. Et lundi ils n’étaient que 2 ! 3 absents qui aident les parents à récolter le café dans les champs. C’est pas grave on a quand même travaillé, joué aussi et papoté. Je suis retourné à l’école le mercredi et tout le monde était présent. On a fait des crêpes ! S’en est suivi d’une dégustation puis on est parti sur un cours de français avec les salutations, les mots basiques de la vie de tous les jours. C’est une école très chill, seule école où la prof vie sur place. Entre mes deux passages à Goyabal, je suis allé avec Juan, le fils de Doña Hermelinda, dans la jungle à la recherche des Zambos ! Un style musical, une plante ? Nop, de son autre nom le singe araignée, c’est une espèce endémique de la région qui est en danger d’extinction à cause de la destruction de son habitat, entre autres, au profit de champs pour les vaches ou pour faire des plantations. C’est également le symbole du projet de l’association ABC ici.

On est donc parti dans la jungle, avec nos bottes et nos machettes puis on a commencé notre ascension car les singes vivent plus haut dans les montagnes. Ça transpire à grosse gouttes mais la beauté de la jungle est au rendez vous. Juan, qui a vécu ici toute son enfance, connaît les sons des animaux et ils sont nombreux par ici ! On croise des écureuils, des poules sauvages et on aperçoit un ou deux singes mangeurs de maïs (commun par ici). On continue notre escapade : 1h, 2h, 4h de marche et toujours pas de Zambos en vue. Juan me montre la piste d’un ours mais on ne le verra pas de la journée. On prend enfin le chemin de la redescente, en freestyle à la machette quand soudain Juan me fait signe de m’arrêter. On entends comme des aboiements de chiens. Ensuite on voit des formes bouger dans les arbres. Juan m’explique que c’est les Zambos ! Ils poussent des cris similaires aux aboiements de chiens. On avance un peu pour mieux les observer puis enfin les voici ! Une famille de singes araignées se balades se branches en branches, d’arbres en arbres à la cime des arbres. Ils sont très hauts et on est obligé de se faire un torticolis pour les voir. C’est des gros bébés ! Je dirais environ un mètre de haut et une belle envergure avec leur grande queue. Pelage blanc et noir au niveau du haut du corps. Ils poussent des cris en partie contre notre présence mais également car une autre famille s’approche d’eux. Ils essaient de nous lancer des projectiles mais à cette distance ils ratent leurs cibles. On reste un bon moment à les regarder puis on prend la route de la casa (y’a toujours pas de route hein). Il nous aura fallu 6h de marche non stop et de la chance pour voir des animaux si difficiles à observer.

À Morcote, c’est la semaine de la jeunesse ! Mercredi et jeudi soir sont projetés des films : La vague et Soul (Disney Pixar). De très bon films ! Le jeudi je suis retourné à Altamira pour faire un atelier crêpes. C’est pas cher, c’est facile à cuisiner et c’est bon donc autant en profiter ! Je fais une démonstration de la recette puis aux fourneaux ! On fait sauter les crêpes et à la pause de 10h chacun peut manger sa crêpe ! On écrit ensuite la recette dans les cahiers, en français, en anglais et en espagnol. Vendredi je suis au collège avec Diego et on continue le travail de prononciation avec les élèves. Mais aujourd’hui c’est un jour spécial car il y a une fiesta ! On pourrait appeler ça une boum chez nous sauf que c’est pas le soir mais à 13h. Dj, bombes de mousse, jets de poudre colorés, cadeaux… Il a fallu motiver les collégiens pour venir danser mais en fin de compte tout le monde a participé et à dansé en fonction des styles musicaux. Le Dj a vite oublié les classiques électro qu’on écoute en Europe pour jouer les classiques de la campagne : Janera, cumbia, merengue, Carengue et autres… Ça danse, tout le monde s’amuse bien puis la fête se termine et je m’en vais passer quelques coups de fils. Puis je suis invité par des profs à jouer au Tejo (se prononce téro). C’est un jeu de lancer de palets (de forme différente de ceux qu’on a en France) et on tire sur une surface d’argile inclinée. En gros hein. On jour quelques parties, on papote puis la pluie arrivant rapidement, je rentre en courant mais je n’y échapperais pas. La matinée du samedi se fera en compagnie de 2 profs à papoter et grignoter puis je prend le chemin du retour en milieu d’après midi. Je commence à être habitué à ce chemin depuis le temps.


Puis dimanche je me remets en marche pour une visite à Milagros pour revoir la petite famille. 2h de marche, encore une fois, accompagné de toucans et d’une multitude d’autres oiseaux. On prend des nouvelles des vallées, des gens et je revois Jaimito (le bébé singe). Les procédures pour l’envoyer dans un refuge sont en cours mais ça prend du temps. On profite du soleil pour aller se baigner à la rivière et faire des tours de pierres. L’après midi passe vite avec les cafés, la sieste, le Kems et l’aide aux devoirs, vient ensuite l’heure de me mettre en route pour rentrer à la Uníon. Au moment de partir, une voiture de vendeur ambulant arrive dans la vallée. Je repartirais donc à l’arrière du pick up, avec un gars qui travaillait dans le coin et on récupère aussi des enfants de l’école qui travaillaient dans les champs. On arrive sous la pluie mais au moins j’ai pas eu à marcher ! Juan est parti pour Yopal car il s’est fait piqué par une guêpe dans l’œil. La moitié de son visage était gonflé et son œil a changé de couleur (bleu/transparent). C’est pas beau à voir, j’espère qu’il ne va pas perdre la vue mais en tout cas il est parti pour l’hôpital (depuis la maison c’est environ 3h30 de moto)
Semaine 12 – 28 septembre 2025
Et voilà on arrive au bout du volontariat ! Un peu moins de 3 mois à vivre à la campagne, apprendre la vie à la Colombienne, enseigner et tant d’autre choses ! Départ prévu vendredi après-midi. D’ici là, je termine mes cours à la Uníon, on fait pas mal de danses, de chorégraphies, de dessin… J’espère qu’ils auront appris des choses à mon contact et qu’ils seront heureux ! Doña Hermelinda est partie en voyage lundi, je l’ai remerciée pour son hospitalité et pour sa cuisine puis j’ai fais mes lessives, emballé mes affaires et tout fourré dans le sac à dos. J’ai beaucoup d’affaires, comme toujours c’est trop. Avant de partir, je vais laisser mes bottes, des tee-shirts et d’autres trucs à la prof d’Altamira pour qu’elle les donne aux enfants qui en ont besoin.
Jeudi je retourne à Niskota pour revoir les enfants et leur faire goûter les crêpes ! J’ai vraiment fais de la propagande des crêpes. 2h en cuisine à cuisiner mais ça en valait la peine. Au final chaque école où je suis allé a goûté aux crêpes et maintenant ils possèdent la recette. On a regardé le film Ratatouille avec les petits et une deuxième fois le soir au village. J’ai réussi à télécharger une version en espagnol. Je passe dire au revoir aux profs du village, aux enfants et vendredi, après le déjeuner, Diego m’emmène à Nunchia, petite ville à 2h de route de Yopal. 1h de moto pour y arriver, sur une route toute cabossée, puis 2h de bus jusqu’à Yopal puis 9h jusqu’à Bogotá. 4h d’attente de 3h à 7h du mat, à grelotter sur une chaise du terminal, puis je monte dans le bus en direction d’Ipiales, ville frontalière avec l’Equateur. Ça va être long le trajet : 26 heures de bus avec seulement une pause manger. Mais bon en vrai j’étais préparé mentalement donc c’est passé relativement vite. 38h de bus au total, c’est beaucoup mais il me fallait aller vite car mon séjour se terminant le 30 septembre, je ne voulais pas me prendre une amende à la douane. Bref ça l’a fait.

En tout cas c’est un volontariat dont je vais me rappeler toute ma vie, je repars avec un enseignement à vie, des souvenirs pleins la tête et plein le sac à dos. Ce genre d’expérience fait redescendre les pieds sur terre. La vie est rude pour tout le monde mais certaines personnes ont des problèmes plus essentiels dirons nous. Tous les enfants n’ont pas accès à l’éducation, à une nourriture saine et variée, ne reçoivent pas de soins quand ils en ont besoin, ne reçoivent pas d’amour de leurs parents et de leur famille. Ça a été une expérience de vie que j’invite à chacun à faire une fois dans sa vie. Soyons humbles, apprécions ce que nous avons, partageons avec les autres : matériellement, spirituellement, nos connaissances et merde don’t worry be happy !

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