Et Zé partiiiii, de retour sur les routes avec Eva ! Après avoir laissé des affaires à Cuenca pour m’alléger, on repart en vacances en ce vendredi 19 décembre. On est attendu à Piura, au Pérou, le 23 décembre pour célébrer Noël chez Gian, ambassadeur couchsurfing du Pérou, et sa famille.
On a comme idée d’aller au parc national de Yacuri (sud du pays, à la frontière du Pérou) voir des lacs de montagnes. Puis passer la frontière qui se trouve à côté puis rallier Piura, le tout en 4 jours.

Spoiler: c’est fatiguant.
Mais commençons par le commencement. Je fis donc mes adieux à Cuenca, ville où j’ai hésité à rester plus longtemps et à m’installer temporairement, pour aller au terminal de bus. On descend avec nos sacs à dos dans un petit bus pour rejoindre Cumbe, petite ville au sud de Cuenca. Nous commencerons le stop d’ici. Il n’y a qu’une route pour descendre jusqu’à Loja donc ça ne devrait pas être trop compliqué. Luís nous donne raison et nous voilà parti dans son camion pour environ 2h de route. Des virages, des virages, des montagnes et des virages, nous voilà arrivés à Saraguro. Dans ce village, nous apprenons qu’il y a une fondation française qui aide à l’éducation des enfants et d’autres projets. C’est random mais c’est l’Equateur, tout est possible. De fil en aiguille, de contact en contact, on va loger chez 2 volontaires français, en service civique pour une durée d’un an. Sachant qu’ici il pleut très très souvent et qu’il fait pas chaud, moi j’aurais pas tenu. Enfin bref on va manger au resto avec la cheffe, on papote puis on apprend qu’il y a une fiesta dans une communauté à côté. On est fatigué mais c’est l’occasion d’aller voir une fête de village donc on prend nos affaires chaudes puis on part à pattes dans ce village. Aidés par une voiture qui nous emmène, on arrive sur le terrain multisport du village, où se trouve l’événement. On nous avait promis de la danse, des chants et une grosse fiesta mais au final c’était une élection de miss village (2 candidates) et les gens étaient boring. Ou peut être qu’on était trop tôt. En tout cas on est pas chauds de rester trop longtemps ici donc on s’éclipse de la soirée pour rejoindre notre logement temporaire et aller faire un gros dodo.

On a décidé de venir à Saraguro pour une seule raison: j’ai vu sur la carte qu’il y une « grotte de l’inca » et une cascade. Faut pas chercher trop loin les raisons. Après un achat poncho et un bon petit déjeuner, on se met en marche pour aller découvrir cette fameuse grotte. On trouve facilement après une petite marche dans les montagnes le bassin de l’inca. Bon il n’était pas présent quand on a débarqué, tant pis. Une très jolie chute d’eau termine dans un bassin mais celui-ci a été aménagé avec du béton, c’est un peu moche. Quelques dizaines de mètres plus loin, on tombe sur la fameuse grotte ! Sans guide, nous n’avons que notre imagination pour donner vie à cette cavité. Le lieu est propice à la méditation grâce à son calme apaisant.


Une fois nos esprits reposés, nous rentrons au village récupérer nos affaires et se mettre au travail: tendre le bras et sortir son pouce. De gros nuages noirs arrivent bien vite, nous avons juste le temps de trouver un abri avant que le déluge commence. Ce refuge nous permet de trouver une voiture pour le prochain village, à une vingtaine de minutes de route. Rebelotte, la pluie est toujours avec nous. Il pleut à torrent pendant que nous tendons les pouces. Mais la chance n’est jamais bien loin et un petit couple nous embarque et nous irons avec eux jusqu’à Loja. Ce trajet sera un trajet très intéressant dans le sens où le mari et la femme sont très curieux de connaître nos parcours, notre mode de voyage mais surtout le pourquoi. Pourquoi faire du stop ? Qu’est ce que ça vous apporte ? Quel leçon tirez vous de vos voyages ? Qu’avez vous appris ? Wow c’est pas tous les 4 matins qu’on a des discussions philosophique intenses en faisant du stop. Très bon moment de partage avec ces 2 personnes, qui rappelle pourquoi on fait du stop.
Nous restons en périphérie de Loja afin de continuer notre route et rejoindre la ville de Catamayo, non loin de Loja. Nous sommes proches en distance mais lorsque nous passons les montagnes, nous changeons de vallée. Air chaud et sec, couché de soleil incroyable, une ville qui rappelle la costa brava en Espagne. On déambule avec nos gros sacs puis nos pas nous mènes à un petit aéroport. À savoir qu’avec Eva, on s’était dit que ça serait un bon défi de dormir dans un avion. Nous avançons donc en direction de l’aéroport et commençons à discuter avec un douanier. Il nous explique que a cause de sa hiérarchie ça ne va pas être possible mais ça aurait été avec plaisir ! Tant pis, une prochaine fois. Nous passons chemin et nous tombons sur un bar qui a l’air vide à côté des champs de canne à sucre. On s’y prend une bibi puis on demande si l’on ne pourrait pas passer la nuit. Sauf qu’on a oublié quelque chose: nous sommes samedi et qu’il n’est que 20h. Il va y avoir une petite bringue ce soir normalement. Sacrebleu ! Le plan tombe à l’eau. Enfin pas totalement. On creuse un peu le sujet et on finit pas obtenir un toit d’un bâtiment en construction dans leur jardin. On s’installe puis au dodo. Enfin on ne va pas très bien dormir à cause de la fête (jusqu’à 3h du mat), des chiens qui aboient, des voitures qui passent et autres…
C’est donc plein d’énergie que nous levons le camp au petit matin avec comme objectif Gonzanama puis Jimbura. La route va être longue jusqu’aux montagnes. Petite marche pour se réveiller puis petite attente en plein cagnard dans le trou du cul du monde. On se fait avancer de quelques kilomètres puis on embarque dans un camion. Par chance, celui-ci va jusqu’à Gonzanama ! Dans ce petit village, on s’arrête pour déjeuner et grâce à une recommendation de notre chauffeur, on va manger un des meilleurs almuerzo qu’on ait vu en Équateur ! Les batteries pleines, nous commençons une petite marche digestive pour aller faire du pouce. Il n’y a pas grand monde donc les gens s’arrêtent facilement. Une benne de pick up, une famille, passage d’une fête de village puis re-balade, shooting photo sur la route et re famille. On avance petit à petit vers Jimbura. On fait une petite pause le long d’une rivière pour siester et cueillir des mangues puis on se remet en route. On avance encore un peu puis on tombe sur un livreur de glaces. Il nous emmène dans un tout petit village pour vendre des glaces et au passage on se vont offrir le « trago », ça signifie boisson alcoolisée en gros. On tient compagnie à des gens bourrés puis on repart avec notre vendeur dans son beau camion. Il nous emmène jusqu’à Amaluza, où nous arrivons au couché de soleil. Là on hésite: s’arrêter ici pour la nuit ou tenter d’arriver à Jimbura ce soir ? On nous dis que personne ne va là bas à cette heure ci, qu’il faut lieux attendre le lendemain. Mais on a apprit à ne pas trop faire confiance aux équatoriens quant aux infos. On trouve une voiture qui sillone ce chemin de terre en zig-zag. Il nous demandera participation au voyage.

Jimbura c’est pas bien grand. Je dirais même que c’est petit. Pourtant c’est un village frontalier avec le Pérou. On trouve une tienda qui nous fait à manger puis on va demander l’hospitalité au prêtre du village. Moins fun que le père Angel (voir le post des anciennes vacances avec Eva) mais il nous ouvre la porte une salle attenante à l’église. Ici pas de lit, juste le sol. On s’improvise un matelas avec des bâches et des vêtements puis nous voilà couché, épuisés de cette journée. Et je dois dire qu’on a tous les deux très bien dormi sur le sol.

Aujourd’hui on veut aller voir las lagunas de Jimbura, dans le parc national. Pour y aller ça a l’air d’être une galère. « ça a l’air » car nous on trouve une famille qui vont travailler dans leur ferme et qui nous emmènent. On laisse nos sacs chez une dame, proche de la frontière puis on monte avec nos petits sacs d’appoint et le Ukulele (retenez bien c’est important). Après une bonne heure de route de montagne, on tombe sur le refuge et le bureau du parc. On s’enregistre auprès d’un agent du ministère qui nous dis: « à 13h il faut que vous soyez en bas, c’est les règles » il est 11h, on a juste le temps de monter et redescendre. On tente de négocier, rien n’y fait le gars n’écoute rien. Il nous met la pression et fatigué de parler avec lui on acquiesce. On rentrera pour 13h. Je laisse donc mon Ukulele dans le bureau car je n’aurais pas le temps d’en jouer une fois là haut. On commence donc la petite randonnée, tout en insultant ce conn** et on croise un groupe qui redescend. Là je repère « Ministerio Ecuador » sur la veste d’un gars. On papote et il nous dit qu’il travaille avec l’autre débile d’en bas. Il nous dit également qu’il n’y a pas de problème pour rentrer plus tard, on fait notre vie. Je lui demande donc de mettre mon Ukulele en dehors du bureau afin que lorsque nous redescendrons, je puisse le récupérer et rentrer tranquilou. Impeccable ! On monte donc l’esprit allégé voir ces lagunes et grimper les rochers afin d’avoir un panorama à couper le souffle. C’est absolument magnifique. Sur nos cailloux, on surplombe 2 lacs en contrebas et le silence qui y règne est royal. On observe quelques oiseaux qui vivent dans les parages puis on redescend doucement vers le lac puis jusqu’au refuge. Arrivés en bas, je fais le tour du bâtiment sans trouver mon instrument. Il est dans le bureau. Ça m’énerve que le gars soit débile à ce point car il nous faut quitter le pays le soir même. On a fait notre sortie du territoire le matin au village donc ça complique les choses. On trouve une voiture qui nous redescend du parc, on récupère nos sacs et par chance on trouve le collègue sympa qui habite juste à côté. On va le voir, on lui explique, c’est une galère mais en fin de compte on l’a payé pour qu’il fasse un aller retour chercher le Ukulele. Du temps, de l’énergie et de l’argent perdu à cause d’un débile.




Enfin bref l’affaire est réglée, on part en direction de la frontière, quelques kilomètres plus loin. C’est pas très passant par ici et on obtient notre précieux tampon facilement. Dernier stop en voiture jusqu’à Espindola, village frontalier côté Pérou où une autre surprise nous attends…
Notre chauffeur nous informe que tous les gens du village partent à 4h du matin pour Ayabaca (moyenne ville à 3h de route environ) et que c’est notre seule option pour partir d’ici. Bon on a l’habitude des infos bancales donc on s’affole pas. Puis, lors de notre dîner chez une petite dame, elle nous raconte la même chose, Humm. Poste de police rebelote. Il va donc falloir qu’on se lève de nuit pour arriver à la ville. Sacré tuile ! Commence la recherche d’un logement pour la nuit, recherche qui se terminera chez une petite dame qui va nous régaler de petits gâteaux et d’une infusion. Son mari fait le trajet matinal et peut nous emmener.
La nuit fut courte mais nous a fait du bien. Comme prévu on part à 4h de la maison, éclairés par un ciel étoilé merveilleux. Avec Eva on a des bonnes idées donc on décide de rester dehors et de faire le voyage dans la benne du pick up. On s’est gelés les miches pour ainsi dire mais la vue des étoiles filantes et de la voie lactée nous a réconforté. C’est une route de montagne, ça swingue dans tous les sens et ça secoue énormément dû aux nids de poule. On arrive en vue d’Ayabaca, accueillis pas le soleil levant au dessus d’une mer de nuage. C’est un sacré spectacle. On a pas beaucoup de soles, l’argent péruvien donc on paie le gars avec des mangues puis rebelote au marché pour le petit déjeuner. Ils sont plus arrangeants qu’en Europe. Puis on comprend très vite que le stop ça va être compliqué par ici donc on embarque dans un « colectivo », voiture partagée, qui va jusqu’à Piura, destination pour Noël. Là c’est de nouveau un sacré spectacle: la benne est remplie de sacs, de bordel et de gens. Au bout de 20min on découvrira des poules qui étaient en train d’étouffer sous une mamie. Sacré route de montagne également, on se fait bien secouer dans la benne du pick up. On avance bien mais la distance est assez grande. Je dirais qu’on a fait 5-6h de route pour arriver à Piura, le tout sous un grand soleil pour prendre des couleurs. On est donc bien crevé lorsqu’on descend du pick up.
À Piura on a rendez vous chez Gian, avec qui j’ai parlé via Couchsurfing. Il nous a invités à passer Noël chez lui avec d’autres voyageurs et sa famille. On débarque chez lui peu de temps après notre périple en pick up et il nous met directement à l’aise. On rencontre 2 belges, un américain et sa famille qui vit avec lui. Ça ressemble plus à une auberge mais en Amérique latine, c’est commun de partager les maisons entre plusieurs familles. Nous on va dormir tout en haut, on réussit à installer les hamacs malgré les colonnes bancales. On va passer le reste de l’après midi/soirée à se reposer à la maison et une grande partie du lendemain également. Le soir c’est le réveillon du 24. Chez Gian, le dîner est servi à minuit, et avant ça rien de spécial, pas de gros apéro, de messe ou autre c’est libre. On mange tous ensemble, enfin d’un côté les voyageurs et de l’autre c’est plus freestyle. Ça change des gros repas auxquels on a l’habitude. On passe une bonne soirée et vers 3h du matin on tombe de fatigue donc on monte dormir en haut avec Eva.

25 décembre! Réveil tranquille, le déjeuner est prevu vers 13h environ. Avec Eva on décide de partir pour la plage après manger pour se faire un Noël en petit comité. On déjeune avec tout le monde, encore une fois pas organisé en grande tablée comme à l’ accoutumé mais ça ne fait rien. On remercie tout le monde puis on file en direction du terminal de bus pour rejoindre le petit village de Lobitos, au nord ouest du pays. 2h30 de transport environ pour arriver de nuit à la plage où l’on va trouver une tour de secouriste pour y installer nos hamacs et passer la nuit. On s’offre des petits cadeaux qu’on a chiner à Piura il y a quelques jours: des chaussettes, des masques autres petite bricoles.
Lobitos, c’est un petit village, pétrolier de base mais reconverti dans le tourisme du surf. On va loger pendant plusieurs jours au Surf Camp, un hangar transformé en auberge de jeunesse. On installe nos hamacs, rencontre les volontaires qui travaillent ici et on se repose. On passe les premiers jours de notre séjour à se reposer, manger aux restaurants, se baigner puis pour la nouvelle année on va dans une auberge/bar sur une plage voisine où l’on s’est fait quelques amis pour célébrer la nouvelle année ensemble. On trinque, joue à des jeux, mange, bref tout se passe fort bien. Un peu avant minuit on se déplace sur la plage principale pour aller danser et on arrive juste à temps pour les feux d’artifices et le compte à rebours. 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 BONNE ANNÉEEEE! Bienvenue en 2026 ! On finira la soirée à danser sur la plage avec les copaings pieds nus dans le sable, c’est simple la vie non ?













Deux jours plus tard, Eva me quitte pour retourner travailler à Cuenca, au lycée français où elle sera jusqu’en juin prochain, pas d’adieux larmoyants car on sait qu’on se reverra dans un autre pays. Je reste quelques jours de plus à profiter de la mer puis je me met en route, avec comme destination la côte Atlantique. Mais avant ça il faut traverser un continent entier, une nouvelle aventure commence pour cette nouvelle année !
La bize et joyeuses fêtes !

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