De retour sur l’eau, Atlantique-Pacifique partie 2

En ce jeudi 29 janvier, aux alentours de 17h, j’embarquais à bord du « Eduardo VII ».

C’est un bateau de marchandise qui fait route vers Iquitos. Départ prévu 17h. Ne jamais croire les horaires, encore moins pour les bateaux. Chose légèrement curieuse, personne n’aide ou n’indique rien quand je monte sur le bateau. Juste « là haut ». Je monte donc et en effet il y a d’autres hamacs et des affaires. J’installe donc mon hamac puis je visite vite fait le bateau. Une petite cuisine, 2 toilettes avec douche (tuyau sortant du plafond), et sinon que des marchandises. Je rencontre un couple de russes qui m’expliquent les horaires pour manger, comment ça se passe grosso modo. On papote un peu, joue aux échecs puis on profite du coucher de soleil, toujours au port bien entendu. Là je repère des formes dans l’eau. De gros poissons ou peut être des crocodiles. On observe et d’après un péruvien, il s’agirait de dauphins d’eau douce ! On ne les voit pas très bien, juste leurs gros dos qui effleurent la surface.

Pour se rendre à Iquitos depuis Yurimaguas, il y a deux manières : la rapide et la longue. La rapide consiste à y aller en speed boat et en une grosse nuit de voyage c’est bâclé. Les prix sont bien plus chers évidemment. Comptez 12h de trajet environ.

La deuxième, plus longue, consiste à embarquer sur les bateaux de marchandises, c’est plus long mais moins cher. Comptez environ 3 jours pour 25 soles soit 6 euros. Sachant que le prix inclut 3 repas par jour. Autant dire que c’est l’option privilégié.

On part du port jeudi soir pour un autre port de Yurimaguas, dernier stop avant le gros départ. Le bateau reste à quai toute la journée, à charger du riz, des pots de peintures et pleins d’autres choses. Les derniers passagers embarquent sur le bateau, et très vite nous formons un petit groupe de voyageurs incluant un couple russe : Valeria et Vlad. Un argentin : Jeremias, une hollandaise : Rosita et moi-même, conteur de cette histoire : Cédric. On installe le camp, les russes et l’argentin dorment à même le sol et moi et la hollandaise dans nos hamacs. La journée passe, petite sortie courses mais on reste principalement sur le bateau, de peur qu’il parte sans nous.

On lève l’ancre vers 20h en ce vendredi 30 janvier 2026, direction Iquitos !

Jour 1, samedi 31 janvier.

Réveil aux aurores, les gens se réveillent tous à peu près à la même heure. Faut dire que les latinos mettent rapidement la radio, de la musique et font du boucan assez tôt. Un peu avant 7h, le cuistot tape sa louche sur la structure métallique, c’est le petit déjeuner ! Soupe d’avoine et 2 petits pains par personne. En cette matinée, je sors mon matos à bracelets et Valeria son carnet à dessin. Pendant notre petit atelier nous aurons quelques curieux qui viendront observer et discuter avec nous. Aux alentours de 10h on se fait accoster par des militaires. Contrôle des papiers du bateau et des passagers, tout est en règle, RAS. 10h30 on se fait accoster par un bateau, des vendeurs de fruits et nourriture. 11h la louche résonne dans le bateau : spaghetti et riz ! On donne notre morceau de poulet à d’autres passagers. S’en suit la sieste, qui a l’air d’être importante ici car personne n’a mis de musique pendant un bon bout de temps.

On accoste dans un tout petit village, les gars du bateaux chargent des sacs de maïs. 8 tonnes nous a t-on dit. Fin de la pause, on se pose à l’avant du bateau avec Jeremias pour boire le maté (il est argentin, remember). On profite de la vue, on papote. Le fleuve sur lequel nous naviguions jusqu’à présent rencontre le fleuve Marañón peut après le village. Le fleuve double (voir triple) de largeur ! Le dîner est sonné aux alentours de 17h : soupe de pâtes avec plantain. Sunset time, proche d’un village. Pas de débarquement mais un accostage de plusieurs bateaux. Un qui décharge des bananes et d’autres de petits vendeurs. On profite des couleurs incroyables que nous offre le soleil, accompagné de quelques dauphins qu’on voit sortir de la surface trouble de l’eau. En somme une très belle première journée de navigation.

Pour ceux qui souhaiteraient naviguer sur l’Amazone en bateau, il faut savoir que chacun ramène son eau à bord. Il n’y a pas d’eau potable à bord, c’est chacun pour soi. Seconde recommandation, il faut apporter un tupperware pour les repas. Chacun le sien et le cuistot sert dedans. Les moustiques sortent à la tombée du jour, l’antimoustisue est meilleur ami. Le hamac n’est pas indispensable, si on n’est pas très regardant sur le confort, on peut dormir par terre. À savoir que ça se rafraîchit un peu dans la nuit. Les bouchons d’oreilles pour dormir peuvent être utiles pour les voisins bruyants. Comme je disais, plusieurs bateaux nous ont accosté durant la journée, il est possible d’acheter des snacks/fruits/repas en plus donc pensez au cash. À noter qu’avant le départ de Yurimaguas, le cuistot ne fait pas à manger (chacun se démerde) mais aussi qu’il n’y a pas de frais logement. Pour plus d’infos, voir le post dédié aux infos de la traversée.

Jour 2, dimanche 1er février.

La matinée est calme, mis à part le coq à 6h du matin, personne ne met de musique, tout le monde reste tranquille après le petit déjeuner. Nous (le petit groupe), nous faisons un atelier bracelets. J’enseigne à Jeremias et Rosita comment faire un bracelet, et un gars du bateau me passe une commande également. On passe donc la matinée le dos courbé à entremêler des fils. Petite pause concert Ukulele pour un petit groupe d’enfants. Je fais les quelques chansons en espagnol que je connais. Le petit déjeuner était identique que le veille mais le déjeuner change : riz, haricots rouges et patates (avec poulet mais po pour nous). S’en suit la sieste, qui dure assez longtemps puis en fin d’après midi, on va boire le maté avec Jeremias à l’avant du bateau. C’est notre petit rendez vous quotidien, philosopher sur la vie en buvant du maté, en mangeant du fromage, le tout les pieds au dessus de l’eau. Le dîner est servi vers 17h : soupe, pâtes, riz, plantain. On devrait arriver d’ici quelques heures à Nauta. Dernier arrêt avant Iquitos. Une grande majorité des gens devrait descendre ici car depuis Nauta il y a une route qui emmène jusqu’à Iquitos. Nous on partira en mission bières ! Ensuite il devrait manquer 24h de navigation environ jusqu’à la destination finale du bateau.

Jour 3, lundi 2 février.

Hier soir on a veillé un peu tardivement. Après notre mission bières (qui a été couronnée de succès), il a fallu les boire. 3 loustics assis sur un banc, à profiter d’une douce brise sous les étoiles. Quand je dis qu’on a veillé, jusqu’à 23h hein on est des vieux papis. Réveillés par le froid, nous sommes accueillis par un splendide lever de soleil. La jungle se réveille doucement. Porridge puis on commence doucement à remballer les affaires. Arrivée à Iquitos prévue aux alentours de midi. Bagages finis, on a le temps de voir l’accostage du bateau au port d’Iquitos, la plus grande ville au monde qui ne soit accessible que par les airs ou voies fluviales. On débarque, Jeremias nous quitte pour aller faire un volontariat, les russes disparaissent dans les rues de la ville et moi et Rosita on bouge vers une auberge pour la nuit. Je vais rester quelques jours mais je pense repartir en bateau rapidement pour la triple frontière : j’ai nommé Letícia !

À peine arrivés à Iquitos, on se fait inviter par un gars pour boire un coup. Petites bières, on discute un peu mais on a très envie de poser nos bagages, prendre une douche et manger donc on ne s’attarde pas trop. Avec Rosita on se trouve une auberge sympa dans le centre ville : the flying dog. Le reste de l’après midi sera calme, reconnexion sur la toile, manger, se décrasser et remanger. Le lendemain je pars en direction du port afin de me renseigner sur les bateaux partant pour Letícia. Je repère le bon port (il y en a plusieurs), et demande à droite gauche des infos. J’apprends qu’il y a 2 bateaux qui partent aujourd’hui ou sinon c’est dans 2 jours. Les prix sont tous les mêmes : 80 soles pour les bateaux lents et 150 soles pour les rapides (10h-12h). 20 euros ou 37 euros. Idem que pour l’autre trajet, le prix inclut la nourriture. Je retourne l’auberge retrouver Rosita puis on part se balader en ville, faire quelques emplettes et on se décide à faire un tour dans la jungle Amazonienne ! Rosita veut rester 2 nuits et 3 jours et moi 2 jours et 1 nuit. Pas fan des tours mais on a bien matché avec les gérants donc let’s gooo.

Départ le lendemain matin vers 7h30 en direction de Nauta, la ville portuaire reliée par la route, à 2h plus au sud. On passe à l’aéroport récupérer Chen, un chinois qui vient d’atterrir depuis Lima. On discute un peu, d’où il vient, où il va etc. Le gars est parti il y a 2 ou 3 semaines de Chine pour aller : en Corée du Sud, aux États Unis, au Costa Rica, au Panama, en Argentine, au Chili puis maintenant le Pérou. Sans même évoquer tous les longs courriers qu’il a dû prendre, voyager comme ça c’est comme avoir voir l’affiche d’un film et dire « ah ouais je l’ai vu, c’est trop bien ». Ça file la gerbe. Bref Chen ne sera pas mon meilleur pote. S’en suit ensuite 2 heures de bateau (barque à moteur) pour rejoindre le Lodge dans la forêt. On a la chance de voir un dauphin rose sur le chemin ! Débute pour Rosita une sacré tuile. Une mauvaise nuit se transforme en maladie et elle va passer les prochaines 24 heures couchée en train de décéder. Soit une infection, soit un virus, soit la volonté de dieu, enfin bref elle est pas bien du tout. Elle écourtera son séjour et rentrera avec moi le lendemain.

Mais en attendant moi je m’éclate ! Après le déjeuner d’arrivée, on part faire une petite excursion dans la jungle attenante au Lodge. Bon pas de chance pour cette fois, on a rien vu et on s’est pris une averse tropicale de surplus. On laisse passer l’averse puis un peu plus tard on part en pirogue sur la rivière observer la faune. Ouistitis, iguanes, toucans, perroquets, dauphins rose et gris, et pour finir on va dans une mangrove chercher des caïmans. Au bout d’une heure de recherche infructueuse, on décide de rentrer dîner mais c’est à ce moment là que les guides repèrent des yeux rouges dans l’eau. Ni une ni deux un des guides le chope et le maintient dans sa bouche (wtf ?). Je précise qu’il s’agit d’un bébé caïman, faisant entre 20 et 30 centimètre je dirais. Tout le monde fait sa photo, le tripote. Tout le monde ? Et non un jeune français résiste encore et toujours à interférer avec des animaux sauvages ! Vive les vegans ! Oups. Enfin bref un peu plus tard le guide est venu m’expliquer que les caïmans sont difficiles à observer et donc ils se permettent de les capturer momentanément. J’entends mais bon. On dîne tranquillement puis notre guide et un autre guide m’invitent à venir avec eux faire un tour dans la jungle pour chercher des animaux. Seuls avec les deux guides on se met en recherche de bestioles et animaux. Il est 20h passé, la jungle est dans le noir. Durant notre petite escapade, on a pu voir : une mygale, 3 autres espèces d’araignées, une grenouille taureau (c’est une grenouille sous stéroïdes), des rats de la jungle, des milles pattes, des milliards de moustiques mais pas de gros serpents ni de gros animaux. On rentre au Lodge, contents de nos trouvailles et au moment de se quitter, Luis, mon guide m’appelle : il y a un bébé caïman juste devant ! Cette fois-ci sans le molester, on peut le voir dans l’eau. C’est encore un bébé mais fort joli ! Je pars me doucher et me coucher, tout en profitant de la mélodie de la jungle.

Réveil 6h, on part (Rosita se joint à nous) observer les animaux ! Pirogue et on remonte encore plus la rivière. On va voir des toucans, des perroquets, un paresseux, 2 petits singes vite fait, d’autres oiseaux trop beaux dont j’ai oublié le nom et enfin le clou du spectacle : des aras ! On a pu observer longuement des aras bleus et jaunes et écouter leurs cris si reconnaissables. Un peu plus tard on se fera survoler par un couple de Aras scarlet (les rouges trop beaux). Sacré début de journée d’observation ! On rentre petit déjeuner puis on repart dans une autre direction. Cette fois sans Rosita (rip, en vrai elle me fait de la peine). Mission singes ! On s’éloigne en pirogue avant de continuer à pied dans la jungle. À l’affût du moindre son qui sort de l’ordinaire, on avance doucement. Un bruit de branche et on aperçoit deux singes: un singe hurleur et un autre couleur café (c’est pas mon fort les noms). On les observe longuement puis un peu plus tard on en trouvera d’autres : un capucin, un tout noir, et un autre. Certains singes étaient un peu loin pour bien les observer mais le couleur café nous a fait un spectacle grandiose ! Il est venu manger dans un petit arbre juste devant nous et se balançait afin de passer sur un autre arbre. Au passage on a également pu voir des arbres immenses qui doivent avoir quelques rides je pense. On rentre déjeuner et on prépare nos affaires pour le retour. Et oui déjà mais ce fut 24h dans la jungle incroyable. J’ai eu la chance de voir des tonnes d’oiseaux, pleins d’animaux, de me faire piquer un nombre infini de fois par les moustiques mais c’était une sacrée expérience. Sans doute à réitérer au Brésil ou en Guyane, on verra.

Retour en ville puis départ immédiat au port ! Direction la triple frontière : Pérou, Colombie et Brésil !

Attention, photos d’animaux incluant des grosses araignées


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