J’embarque donc rapidement sur Victor Manuel (c’est un bateau hein) et nous partons dans la foulée. Pour cette traversée, je suis le seul étranger à bord. On est assez nombreux mais une grande partie va débarquer à la première ville. C’est un petit trajet : 2 nuits sur le cargo. Je reste donc tranquille sur le bateau, en essayant de marcher un peu histoire de se dégourdir les pattes mais l’espace est restreint. La nourriture est incluse et servie à table ! Ou plutôt dans les hamacs. Je fais don de mon poulet ou autre morceau de viande à mes voisins et finis ma petite assiette. Comme dirais notre cher ex-président: « c’était dur ». Il ne se passe rien de spécial durant la journée, le bateau fait de multiples arrêts express pour décharger et charger des tonnes de bananes. Le bateau est manœuvré avec rapidité et efficacité.
Bien que l’ayant vu sur le précédent navire, les péruviens jettent leurs déchets par dessus bord. Organique et plastique. Mais là c’était un autre niveau : un matelot du bateau a carrément vidé la poubelle de pont par dessus bord. Je lui ai fait une remarque mais bon. C’est d’autant plus triste que nombreux sont les personnes qui utilisent l’eau de l’amazone pour se laver, cuisiner, pêcher et même boire. Malheureusement au Pérou particulièrement, il n’y a pas de ramassage de déchets (ou très peu), pas d’éducation concernant la pollution et les déchets et bien évidemment le plastique est omniprésent. Ce qui donne un pays (la partie nord) envahi de déchets. Deuxième nuit à bord et on arrive sur les rives de Santa Rosa, en territoire Péruvien. Je rejoins doucement le poste d’immigration afin de faire ma sortie du territoire. Je passe ensuite côté Colombien, à Letícia. J’hésite encore à rester quelques jours ici et passer le carnaval ou m’en aller directement. Je déambule côté Colombien puis je décide d’aller me renseigner sur les départs de bateaux pour Manaus. Je traverse donc côté Brésilien, Tabatinga, et je fais directement mon entrée du territoire aux services de l’immigration. Une fois au port, j’apprends qu’il y a un bateau dans 1h pour Manaus. Let’s go on part direct. Petite aventure avec un taxi pour retirer de l’argent et j’embarque sur Sagrado de dios. Je monte au dernier étage et je trouve plusieurs européens/voyageurs ayant eu la même idée. On s’installe tous et on fait rapidement connaissance. Je vous présente l’équipe de choc avec qui je naviguerais jusqu’à Manaus. Marion et Melissa, françaises, Ismael et Lou, français, Save, Italien, Martina, Uruguay, Sarah, Australie, Sofian, Pays Bas, un couple argentins et des chiliens. Tout ce petit groupe sont des voyageurs, et la plupart iront à Rio de Janeiro pour le carnaval.

En attendant nous voilà tous sur le même bateau. Pour nous accompagner, je dirais qu’il y avait environ 200 personnes en plus à bord, entassés les uns sur les autres dans les hamacs. Le bateau est bien plus grands que les 2 précédents: comme je le disais, plus de monde, plus de toilettes (wowww), un distributeur d’eau potable gratuit, une petite terrasse avec une petite tienda qui vent principalement des bières et des snacks. Sur le bateau, les repas sont inclus : 6h30 petit déj, 11h déjeuner et 17h dîner. Ça ne change pas beaucoup pour moi. On lève l’ancre vers 13h mais on fait très vite un stop pour embarquer plus de monde et de marchandises. Le vrai départ sera donc à 16h. À savoir qu’on avance d’une heure pour se mettre à l’heure de Manaus.

La vie sur le bateau commence doucement, on s’installe, lessive pour moi et très rapidement on passe sur la terrasse, le lieu convivial du bateau. Les jours passent vite à bord. Je passe beaucoup de temps à faire des bracelets en terrasse, ce qui m’a valu d’en vendre quelques uns et d’enseigner aux copains comment les faire. La vie est rythmée par le son de la clochette qui annonce les repas. C’est pas du cinq étoiles mais on a vu pire. Riz pâtes haricots rouges à chaque repas pour moi, avec du poulet ou du bœuf pour les autres. Ça c’est pour le midi et le soir. Le matin c’est café hyper sucré, petit sandwich de viande et morceaux de cake. On pratique donc le troc avec d’autres passagers. Save mettra en place une séance de yoga les deux derniers soirs, sous les regards surpris des autres passagers. Un autre petit rituel qui s’est mis en place rapidement, c’est jouer aux cartes avec une bière rafraîchissante au coucher de soleil. On s’y retrouve tous à discuter, profiter du soleil qui s’efface dans la jungle et comme je disais, à se rafraîchir le gosier.
C’était un peu une colonie de vacances ce bateau mais c’était chouette ! On arrive à Manaus 3 jours plus tard dans la soirée. Quelques uns ont réservé une auberge non loin du port, d’autres un appartement privé pour se reposer, bref le groupe se sépare. Mais pour finir en beauté, on débarque tous avec nos gros sacs à dos de tortue et nous voilà dans les rues de Manaus by night. Chaque petit groupe rejoint son logement. Je vais donc dans une auberge avec Save, Marion et Melissa. Avec les filles on ira se balader en ville et faire quelques emplettes le lendemain. La ville n’est pas incroyable donc je ne vais pas m’y attarder.
Comme je disais plus haut, la majorité du groupe s’en va à Rio pour célébrer le carnaval donc je ne doute pas qu’ils se reverront là bas. Moi je continue ma route vers l’Atlantique !

Je repars dans un bateau en direction de Santarem, un peu plus loin sur l’Amazone. Cette fois-ci, pas d’étrangers à bord. Juste de la musique à pleine balle toute la journée mais bon, on est en période de carnaval. J’ai passé la majorité du temps à lire dans le hamac ou sur le pont pour cette traversée. Environ 30h de bateau et me voilà à Santarem ! Je trouve une auberge pour passer la nuit puis je repars manger un bout et me balader sur la jetée. Le lendemain, au petit déjeuner, je rencontre une petite famille (grands-parents, fille et petit fils). Ils sont bien sympas, on papote tout en mangeant puis ils m’invitent à venir avec eux à la plage. Let’s go !
On passe l’après midi à profiter d’une petite plage avec un tonton qui nous a rejoint. Je comprend pas tout ce qui se dit, et pour répondre j’en parle même pas. En gros le portugais c’est un espagnol argentin avec une prononciation et des mots qui varient. Je prend ensuite la direction d’Alter do Chão, petit village qui revêt le surnom « Des petites caraïbes de l’Amazonie ». À peine descendu du bus (je faisais du stop quand le bus est passé, donc non je ne suis pas un puriste du stop) je toque aux portes d’une auberge en proposant mes services pour un volontariat. Coup de bol, la deuxième auberge où je demande accepte ! Je commence demain après midi à 17h. Pour le moment je dépose mes bagages et je file à la plage d’à côté pour profiter du coucher de soleil. Je dois dire que le village mérite bien son surnom : plage de sable fin, reflet des couleurs sur l’étendue bleue à l’horizon, chaleur… Bref on est bien là.

Le lendemain je commence mon volontariat dans l’après midi. Au programme réception si des gens se pointent, installation du petit déjeuner et basta. C’est pas trop compliqué en somme. Je profiterais de ce temps là pour cuisiner des bons petits plats, écrire, faire mes cours de portugais et bien sûr mettre ce superbe blog à jour (avec des nouvelles photos dans la galerie !) Quelques jours plus tard j’installerai une petite table devant l’auberge pour vendre mes bracelets et stickers mais la saison touristique étant au plus bas, les vente n’ont pas décollés. L’idée de faire un volontariat ici, c’est de 1 apprendre un peu de portugais et de 2 profiter de l’environnement incroyable qu’il y a. Tous les matins je sors mon cahier et je suis mes cours sur YouTube et duolingo, et avec Sandra, la propriétaire de l’auberge, je peux mettre en pratique ce que j’apprends. Très vite j’intègre les mots spécifique au portugais. Mais dans l’ensemble, comme je disais, c’est une grosse base d’espagnol. Tous les jours je cuisine également, ça me manquait d’être aux fourneaux à concocter de bons (ou pas) plats. Passage à la plage obligatoire tous les jours, pour se rafraîchir en journée et pour admirer le coucher de soleil certains soirs.
Quelques jours après mon arrivée, alors que j’allais faire des courses au magasin, je croise un gars qui me dit quelque chose, une impression de le connaître. Je vais le voir et je ne m’étais pas trompé : il s’agit de Jay ! Qui est Jay? Pour les plus assidus lecteurs, c’est un Colombien qui vivait dans un château dans un parc de Loja, en Équateur. On l’avait rencontré avec Eva et fait un petit entraînement avec lui. Comme le monde est petit ! On célèbre nos retrouvailles autour d’un maté et on papote de nos chemins pour arriver ici. Jay c’est un voyageur artiste : il gagne sa vie en faisant des petites spectacles de rue. Il est aussi fauché. Mais ça n’empêche pas d’en faire un bon pote ! À partir de là, je vais passer quelques après midis avec toute la bande d’artistes (qui vendent principalement des bijoux) qui traînent sur la place principale. Ils parlent tous espagnol donc c’est pas avec eux que je vais pratiquer le portugais mais c’est pas grave. On discute, fait des bracelets, boit le maté… La petite troupe est bien sympa !

Durant mon séjour à Alter do Chão, je vais avoir l’occasion de faire un tour touristique au canal de Jari. Premier stop dans une communauté pour voir des animaux : paresseux et singes. Le truc c’est qu’en arrivant, les ouistitis viennent nous accueillir en bon nombre. Bizarre bizarre. La réponse arrive très vite, les guides nous donnent des bananes pour les nourrir. Donc les ouistitis sautent sur les gens pour prendre les fruits et les gens font leurs photos avec les animaux sur eux. Le deuxième stop s’effectue chez une dame qui cuisine une plante typique de l’Amazonie : un immense nénuphar comestible. Dégustation d’une quiche, d’un brownie, de liqueur, et d’autres amuses-gueules réalisés à partir de cette plante. C’est super bon ! On part ensuite voir la jonction du fleuve Tapajos et du fleuve Amazone. Ce dernier emporte bon nombre de sédiments, ce qui rend sa couleur marron dégueu. La rencontre des deux fleuves crée des petits tourbillons mais aussi attire les botos (dauphins d’Amazonie) qui viennent manger les petits poissons perdus dans ces forts courants.
Santarém est également connue pour son soja ! Et oui si l’on remonte le fleuve Tapajos, on trouve des immenses monocultures de soja principalement. Déforestation, destruction de tout en fait, pour produire du bon soja qui ne servira non pas aux vegans et végés mais bien pour nourrir tout le bétail du monde entier. Car les animaux d’élevage ne broutent pas dans les champs tout le temps, ça c’est réservé à une toute petite partie. Leur alimentation est basée à partir de soja, de maïs, de médicaments et de produits chimiques ! Miam !

Donc on peut voir ces gros cargos en attente de recevoir le bon soja au mouillage devant Santarém. Pause déjeuner dans un restaurant tenu par un chef réputé au Brésil puis c’est retour en direction du village avec une dernière pause à une magnifique plage pour le coucher de soleil. Les paysages sont incroyables, les plages paradisiaques, le climat excellent, bref on est bien là. Quelques jours plus tard, c’est soirée Karimbo ! C’est une danse traditionnelle typique de l’Amazonie. Les femmes portent de grandes jupes colorées et les hommes des vêtements blancs fort jolis. Tout le monde se retrouve à cette soirée hebdomadaire à danser le Karimbo ou comme moi, à faire des pas de danse tout du moins.
En tout cas j’ai passé deux semaines superbes, dans ce petit coin de paradis. On aurait été en pleine saison, je serais resté plus longtemps pour travailler mais bad timing, il n’y avait pas grand monde lors de mon passage. Maybe une prochaine fois ?
En tout cas je repars pour finir ma traversée du fleuve Amazone ! J’embarque samedi sur le dernier bateau qui m’emmènera à Macapa !
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